Entraînements d’hiver (et divers)

Depuis début novembre, les entraînements s’enchaînent à bord du Figaro n°64 Vogue avec un Crohn !

Des navigations de quelques heures devant le port aux entraînements trans-manche  sur 24h, le mois de novembre à été riche en navigations. De jour comme de nuit j’essaie de multiplier les sorties dans différentes conditions météorologiques. En parlant de conditions météo, il fait plutôt frais en cette période de l’année ! C’est surtout une fois le jour tombé que le froid se fait sentir, le pire étant la tranche horaire 3h – 6h du matin. Le point positif c’est que dans nos latitudes on aura rarement pire ! Alors on met quatre ou cinq couches sous la veste, un bon bonnet (sous oublier le petit collant de montagne) et on va affronter le froid.

Je commence à trouver mon rythme en terme de sommeil, je fais des petites siestes de 15 minutes maximum. L’arme secrète dans cette situation c’est le pouf en micro-bille 😉 Pas question d’utiliser les bannettes cadre à l’arrière du bateau, elles sont difficiles d’accès et bien trop confortables quand il faut ressortir ! Second avantage, en calant mon nouveau sommier de compétition entre la descente et la paroi ça me permet de dormir dans une position semi-assise et surveiller les écrans (vitesse du bateau, vent, AIS pour surveiller les autre bateaux). L’objectif de ces petites siestes est de se reposer assez pour récupérer sans tomber le sommeil profond pour autant, si non le réveil est très compliqué ! Alors pour être sûr de ne pas m’endormir trop longtemps je règle une alarme sur 15/20 minutes. Souvent j’ai l’impression de m’être à peine endormi que la puissante alarme me réveille et là pas ça ne traîne jamais, je bondi pour couper ce son strident qui est simplement insupportable ! Mais bon c’est le but me direz-vous. Un petit coup d’œil sur la cartographie de l’ordinateur et je sors pour régler les voiles et reprendre la barre.

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La navigation jusqu’à l’Angleterre fut une bonne expérience, pour cette première tentative au large avec le bateau, j’embarque avec moi mon ami Yann qui joue le rôle d’équipier de secours. Il prend la barre quand je vais dormir et remplace le pilote automatique, ça me permet de prendre en main le bateau en confiance. Si jamais il y avait un soucis nous serions deux à pouvoir intervenir. Un confort que je ne m’autorise que pour les premiers entraînements car le jour J, je serai seul à faire face aux possibles imprévus.

En parlant d’imprévus la dernière navigations du 25 novembre fut riche en émotions :

Départ à 3h30 du matin du port de Deauville en direction de Fécamp. Les prévisions météos sont plutôt bonnes et annoncent 15-20 nœuds de vent. Je sors donc avec le bateau confiant avec la grand-voile haute et le génois (voile d’avant), c’est à dire avec la plus grande surface de voiles possible (sauf le spi qui ne s’utilise que quand le vent vient de l’arrière). Après une heure de navigation l’horizon semble bien sombre et j’aperçois des éclaires au large. Bon, rien de dramatique c’est assez rare d’être frappé par la foudre si près de la côte d’autant plus qu’il y a des cargos autour de moi dont l’antenne est plus haute et plus susceptible d’attirer la foudre que mon mat. Le vent monte à une vingtaine de nœuds conformément aux fichiers météos, je continu donc ma route sans m’en inquiéter.

Soudainement une rafale plus violente que les autres fait gîter le bateau qui devient difficile à barrer et se met à lofer (se rapproche du vent). La mer blanchit et l’anémomètre (instrument en haut du mat qui donne la vitesse du vent) grimpe en flèche. 25… 30… 35…. 38 nœuds de vent. Bon déjà il faut changer de voile d’avant qui est trop puissante pour ces conditions, je me met donc dos au vent et branche le pilote automatique. Le bateau prend de la vitesse et dévale les vagues à 13 ou 14 nœuds (25 km/h). Pas de temps à perdre, je m’attache à la ligne de vie (une sangle qui longe le bateau et empêche de tomber à l’eau) et me dirige rapidement vers l’avant du bateau. A ce moment ça commence à être très humide à l’avant avec le bateau qui plante dans les vagues et le pont se transforme en machine à laver. En descendant le génois celui-ci prend le vent et m’échappe des mains. Avec la pression la voile se retrouve à l’eau en arrachant une partie du tuffluff (partie sur laquelle on arroche les voiles d’avant). Il faut donc remonter la voile à bord, exercice compliqué dans ces conditions, c’est donc mètre par mètre que je récupère la voile en la plaquant sur le bateau. Une fois celle-ci de nouveau à bord, je l’attache à l’aide d’un élastique prévu à cet effet et retourne reprendre la barre. Je réduis la grande voile et met le cap sur le port du Havre où je décide d’aller me mettre à l’abri. Un dernier instant de rodéo en arrivant au port devant lequel les vagues sont bien formées et je peux enfin faire un petit peu de rangement.

Après analyse, ce coup de vent qui aura duré une heure était le résultat d’un front orageux qui n’était pas annoncé et qui m’aura offert mon premier coup de vent à bord du bateau. Les dégâts sont superficiels et cette expérience m’aura permis de mieux appréhender les choses quand le vent monte et de prendre confiance dans ce bateau qui peut encaisser de la mer et du vent, à condition de ne pas avoir trop de surface de voiles ! 😉

Les entraînements continuent tout au long de l’hiver et les expériences vont se multiplier !

Prochainement, présentation du projet Vogue avec un Crohn aux côtés de mon partenaire Mayoly Spindler à l’occasion du salon nautique !

A bientôt,

Pierre-Louis

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